Mercredi 23 juillet 2008

Première récolte de miel. C'est la troisième saison que la colonie est installée au jardin. Deux ans sans récolter, à cause de conditions climatiques difficiles en 2006 et 2007, et puis on y est !

C'est toute une histoire que cette ruche au jardin. L'idée première était de créer un asile pour ces petites bêtes en déclin mais indispensables, mais sans forcer la nature : c'est-à-dire qu'au lieu de traiter contre le varroa (parasite) et autres maladies, j'ai préféré éprouver les capacités naturelles des abeilles à "nettoyer" toutes seules leur ruche. Un pari inspiré d'une expérience d'un chercheur qui a prouvé que certaines colonies survivaient sans traitement au varroa, car elles nettoyaient particulièrement bien la ruche. Notamment, elles détectaient les larves parasitées, et les évacuaient de la ruche avant que le parasite arrive à maturité, ce qui empêchait sa prolifération.... donc sélectionner des abeilles bonnes nettoyeuses permettaient à celles-ci d'élaborer une technique de lutte contre le varroa.... plutôt que de traiter aux produits chimiques, on soutient les abeilles dans leur adaptation naturelle.
(Petite parenthèse: le varroa est une sorte de tique de l'abeille. Il a été importé en Europe avec des colonies d'abeilles destinées à l'apiculture intensive. Dans leur pays d'origine, les abeilles ont évolué pendant des milliers d'années avec ce parasite, et il ne les gêne pas du tout. Mais en Europe, les abeilles n'étaient pas préparées, d'où hécatombe...)
Avec une seule colonie, c'était quitte ou double: ou elles apprenaient à gérer seules le varroa, ou l'expérience se terminait là. Mais je ne suis pas partie à l'aveuglette. Pour favoriser leur survie, j'ai placé la ruche à un endroit idéal, tant pour l'orientation au soleil, que pour les températures, la proximité d'un plan d'eau, l'abondance et la grande diversité des fleurs à butiner, la tranquillité, l'éloignement de zones polluées et traitées aux produits chimiques....
J'ai également acheté l'essaim sur cadre, et les abeilles sont des abeilles locales, pas des abeilles importées d'Australie ou de je ne sais où. Elles sont assez petites, ont plus de brun que de jaune sur l'abdomen, sont assez aggressives et excellentes nettoyeuses. Elle intéressent moins les apiculteurs professionnels qui préfèrent souvent d'autres espèces plus douces, à la langue plus longue (mieux pour butiner...)... mais plus fragiles.
Et pendant deux saisons j'ai attendu, tout en aménageant et gérant mon jardin afin de les favoriser...

Bref ! Cette année est une bonne année. Photos ! (beaucoup sont floues, l'émotion...) C'est un peu artisanal, question matériel (sauf l'extracteur !) et miellerie, mais avec une seule ruche, c'est possible.

Chaque cadre de la hausse doit être désoperculé sur les deux faces : on enlève la pellicule de cire qui ferme chaque alvéole de miel. On garde de côté les opercules qui gouttent à travers un tamis.




Puis les cadres sont extraits dans l'extracteur, une centrifugeuse à manivelle. Une fois que c'est fait, on ouvre le robinet situé en bas, le miel s'écoule et on le filtre :



...et on le laisse maturer pendant quelques jours. Ainsi, les dernières impuretés remontent à la surface et on peut les retirer avant la mise en pots.

Les cadres extraits et les opercules égouttés sont mis près de la ruche : ils sont encore collants de miel, et les abeilles sont ravies de le récupérer. Une fois qu'elles s'en désintéressent, on reprend tout cela. Les cadres pourront être réutilisés dans une prochaine hausse, et les opercules de cire pourront être fondus.




La mise en pots : dans notre hausse, nous avons récolté 16 kilos de miel. A raison d'une grosse cuillère par jour dans le thé matinal, ça nous fait à peu près une réserve pour 8 mois. (sans compter le miel dans le fromage blanc, ou les patisseries...)


Le miel est...... incroyablement bon ! je n'en reviens pas et je suis très fière des abeilles et contente du site : entre fleurs de jardins, fleurs de prairie et toutes celles de la forêt (chêne, érable, acacia, merisier, tilleuls...) on obtient un miel très sucré, très riche en goût, mais pas trop fort du tout. J'ai hâte de l'essayer en nougat ou en pain d'épice.

L'écume retirée avant la mise en pot est elle aussi rapportée aux abeilles, qui se chargent de la faire disparaître.







Publié dans : Allez, on sauve la planète ! - Communauté : Apiculture
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